Lorsqu’un couple rencontre des difficultés à concevoir, le bilan concerne les deux partenaires. Chez l’homme, l’analyse du sperme — le spermogramme — constitue généralement l’un des premiers examens. Selon les résultats et le contexte clinique, une échographie peut ensuite être proposée afin de rechercher une cause anatomique pouvant expliquer une altération de la fertilité.
Quel rendez-vous prendre ?
Pour un bilan échographique complet de l’infertilité masculine, prenez deux rendez-vous distincts :
– une échographie scrotale (testiculaire) avec Doppler ;
– une échographie prostatique par voie endorectale.
Ces deux examens sont complémentaires : le premier étudie les testicules, les épididymes et recherche notamment une varicocèle ; le second explore la prostate, les vésicules séminales et les canaux éjaculateurs.
L’échographie scrotale (testiculaire)
L’échographie des testicules est un examen simple, indolore et non irradiant. Elle permet d’étudier précisément les testicules, les épididymes et les vaisseaux qui les entourent. Le radiologue évalue notamment :
– la taille et le volume des testicules ;
– l’aspect du tissu testiculaire ;
– les épididymes, qui participent au transport et à la maturation des spermatozoïdes ;
– les canaux déférents lorsqu’ils sont visibles ;
– la vascularisation des testicules ;
– la présence éventuelle d’une varicocèle.
Certaines anomalies échographiques peuvent être associées à une diminution de la production ou du transport des spermatozoïdes.
Qu’est-ce qu’une varicocèle ?
La varicocèle correspond à une dilatation des veines situées autour du testicule, le plus souvent du côté gauche. Elle est fréquente et n’entraîne pas systématiquement de problème de fertilité. Chez certains hommes, notamment lorsqu’elle est importante, elle peut cependant être associée à une altération du spermogramme.
L’échographie Doppler permet de mesurer les veines et d’étudier la circulation du sang, notamment lors d’une manœuvre de poussée appelée manœuvre de Valsalva.
Peut-on rechercher un obstacle au passage des spermatozoïdes ?
Oui. Certains troubles de la fertilité ne sont pas liés à une mauvaise production des spermatozoïdes mais à un obstacle sur les voies qui permettent leur transport. L’échographie peut ainsi rechercher certaines anomalies des épididymes ou des canaux déférents pouvant orienter vers une obstruction.
Dans certaines situations, notamment lorsque le volume de sperme est très faible ou lorsque le spermogramme évoque une obstruction des canaux éjaculateurs, l’étude de la prostate et des vésicules séminales prend une place particulièrement importante.
Pourquoi réaliser une échographie de la prostate et des vésicules séminales ?
Les vésicules séminales et la prostate produisent une grande partie du liquide constituant le sperme. Les canaux éjaculateurs traversent ensuite la prostate avant de s’aboucher dans l’urètre. L’échographie endorectale permet d’étudier :
– la prostate ;
– les vésicules séminales ;
– les canaux éjaculateurs ;
– l’extrémité des canaux déférents.
Elle peut notamment mettre en évidence une dilatation des voies spermatiques, certaines anomalies congénitales, des kystes ou plus rarement une obstruction des canaux éjaculateurs.
Comment se déroule l’examen ?
Échographie scrotale (testiculaire)
L’examen est réalisé en position allongée, à l’aide d’une sonde d’échographie placée sur le scrotum avec du gel. Une étude Doppler est généralement associée afin d’analyser la vascularisation et de rechercher notamment une varicocèle. L’examen est rapide et ne nécessite pas de préparation particulière.
Échographie prostatique par voie endorectale
Une petite sonde d’échographie est introduite doucement dans le rectum afin d’obtenir des images très précises de la prostate, des vésicules séminales et des canaux éjaculateurs. L’examen est généralement rapide. Il peut être légèrement inconfortable mais n’est habituellement pas douloureux.
L’échographie suffit-elle pour expliquer une infertilité ?
Non. La fertilité masculine dépend de nombreux facteurs et l’échographie n’est qu’un élément du bilan. Elle complète notamment :
– le spermogramme et le spermocytogramme ;
– l’examen clinique réalisé par l’urologue ou l’andrologue ;
– le bilan hormonal lorsqu’il est indiqué ;
– et parfois un bilan génétique.
Certaines causes d’infertilité masculine ne provoquent aucune anomalie visible en échographie. À l’inverse, la découverte d’une anomalie échographique ne signifie pas nécessairement qu’elle est responsable à elle seule des difficultés à concevoir. L’interprétation de l’examen doit donc toujours être réalisée en tenant compte du spermogramme et du contexte clinique.
En pratique
L’échographie permet surtout de répondre à plusieurs questions :
– Les testicules ont-ils un volume et un aspect normaux ?
– Existe-t-il une varicocèle ?
– Les épididymes et les voies spermatiques présentent-ils des signes d’obstruction ?
– Existe-t-il une anomalie des vésicules séminales ou des canaux éjaculateurs ?
Elle constitue ainsi un examen utile pour mieux comprendre certaines causes d’infertilité masculine et orienter la suite de la prise en charge, en lien avec l’urologue, l’andrologue ou l’équipe de médecine de la reproduction.
Article rédigé et proposé par le Dr Justine Mugnier, radiologue à l’IRP spécialisée en imagerie génito-urinaire.
